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  <title>Les francogourmandises - Littérature &amp; cinéma</title>
  <link>http://francogourmandises.francoblog.ru/</link>
  <description>Le blog des gourmands et des cuisiniers en herbe.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 29 Jul 2010 00:24:23 +0400</pubDate>
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    <title>Littérature &amp; cinéma : les romans exquis de Michelle Barrière</title>
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    <pubDate>Wed, 10 Dec 2008 18:06:00 +0300</pubDate>
    <dc:creator>Coline</dc:creator>
        <category>Littérature &amp; cinéma</category>
        <category>Texte</category>    
    <description>&lt;p&gt;Historienne de l'alimentation, Michelle Barrière, nous Permet, avec &quot;ses exquis romans noirs&quot; d'entrer dans le monde de la cuisine et des cuisiniers depuis le Moyen Age. Ses intrigues se déroulent dans le Paris médiéval, à l'époque de la Renaissance ou dans les jardins potagers de Louis XIV. Ambiance, contexte historique, connaissances culinaires sont au rendez-vous et, cerise sur le gâteau, Michelle Barrière nous livre quelques recettes sympathiques et faisables. &lt;br /&gt;
C'est avec bonheur que vous dévorerez, &quot;Souper mortel aux étuves&quot;, &quot;Meurtres à la pomme d'Or&quot; , &quot;Natures mortes au Vatican&quot; et  enfin &quot; Meurtres au potager du Roy&quot;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Michèle Barrière a déjà publié trois romans policiers gastronomiques aux éditions Agnès Viénot. Suivez le guide&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&quot; Souper mortel aux étuves &quot;&lt;/strong&gt; se déroule dans  le Paris du Moyen-âge, celui du roi Charles VI &quot;le bien aimé&quot;, avec un détour par Bruges,  alors grande place commerciale et financière européenne. On y suit les tribulations de Constance, sorte d’Adèle Blanc-Sec  avant l’heure,  lancée sur la trace des assassins de son mari, un bourgeois  parisien qui l’a sauvée de la misère et lui a légué un précieux carnet de 500 recettes. Pour infiltrer l’établissement de bains et de prostitution où son époux a trouvé la mort en service commandé pour le compte du roi, elle s’y fait engager comme cuisinière. Elle y côtoie un des cuisiniers de l’équipe du grand maître queux Taillevent, le premier cuisinier star…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&quot;Meurtres à la Pomme d'or&quot;&lt;/strong&gt; de Michèle Barrière (éditions Agnès Vienot)«&amp;nbsp;Meurtres à la Pomme d’or&amp;nbsp;» se déroule à Bologne et Montpellier à la Renaissance. Etudiant en médecine, François (dont Constance est l’arrière-arrière grand-mère) est  démangé par la cuisine, la maîtrise des herbes et la quête de saveurs l’attirant davantage que les dissections. Elève de l’apothicaire Laurent Catalan, jeté injustement en prison pour une série de morts suspectes, il n’aura de cesse d’éclaircir le mystère pour faire innocenter son maître. L’enquête le mènera à Bologne sur la piste de dangereuses  plantes récemment arrivées des Amériques,  les fameuses «&amp;nbsp;pommes d’or&amp;nbsp;» (pomodori =tomate). Il rencontrera en chemin les plus grands savants de l’Europe du XVIe siècle, dont l'astrologue et philosophe Nostradamus et le grand agronome Olivier de Serres…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&quot;Natures Mortes au Vatican&quot;&lt;/strong&gt; de Michèle Barrière (Editions Agnès Viénot)«&amp;nbsp;Natures Mortes au Vatican&amp;nbsp;» se déroule également à la Renaissance,  essentiellement à Rome, puis à Naples et Genève. Le héros du roman précédent, François, est devenu le secrétaire de Scappi, le cuisinier (qui a rééllement existé) du pape Pie V. Il l’épaule à la rédaction de son livre de mille recettes, «&amp;nbsp;L’Opéra », un ouvrage  majeur qui a beaucoup compté pour la cuisine. Mais ce livre est convoité par le cardinal de Granvelle,  insatiable collectionneur d’art,  prêt à tout pour assouvir ses désirs, y compris faire enlever le célèbre peintre Arcimboldo - récemment exposé au musée du Luxembourg et dont une œuvre orne la couverture du roman de Michèle Barrière. On croise dans ce livre des peintres, des poètes et d’autres grands  personnages réels comme Giordano Bruno et le philosophe-alchimiste Della Porta.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A paraître&lt;/strong&gt;, la suite de la saga Savoisy avec l'arrière-petit fils de François, centrée autour du potager du roi Louis XIV à Versailles. &quot;Quelque chose de terrible va se passer autour des légumes primeurs, qui bénéficient alors de techniques jardinières inédites.&quot; Au menu: espionnage industriel orchestré par une puissance du Nord et une belle série de course-poursuites avec en toile de fond l'extravagante cour de Versailles. On a déjà l'eau à la bouche...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Littérature &amp; cinéma : &quot;Conte de Noël&quot; de Guy de Maupassant, 25 décembre 1882</title>
    <link>http://francogourmandises.francoblog.ru/post/2008/12/10/Litterature-cinema-%3A-Conte-de-Noel-de-Guy-de-Maupassant-25-decembre-1882</link>
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    <pubDate>Wed, 10 Dec 2008 09:50:00 +0300</pubDate>
    <dc:creator>Coline</dc:creator>
        <category>Littérature &amp; cinéma</category>
        <category>Texte</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://francogourmandises.francoblog.ru/public/./.2130561049_193a1dcb9f_o_s.jpg&quot; alt=&quot;Baies et neige&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Le docteur Bonenfant cherchait dans sa mémoire, répétant à mi-voix&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;Un souvenir de Noël ?... Un souvenir de Noël ?...&amp;nbsp;»
Et tout à coup, il s'écria&amp;nbsp;:
- Mais si, j'en ai un, et un bien étrange encore&amp;nbsp;; c'est une histoire fantastique. J'ai vu un miracle&amp;nbsp;! Oui, mesdames, un miracle, la nuit de Noël. Cela vous étonne de m'entendre parler ainsi, moi qui ne crois guère à rien. Et pourtant j'ai vu un miracle&amp;nbsp;! Je l'ai vu, fis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s'appelle vu. En ai-je été fort surpris&amp;nbsp;? non pas&amp;nbsp;; car si je ne crois point à vos croyances, je crois à la foi, et je sais qu'elle transporte les montagnes. Je pourrais citer bien des exemples&amp;nbsp;; mais je vous indignerais et je m'exposerais aussi à amoindrir l'effet de mon histoire. Je vous avouerai d'abord que si je n'ai pas été fort convaincu et converti par ce que j'ai vu, j'ai été du moins fort ému, et je vais t'cher de vous dire la chose naïvement, comme si j'avais une crédulité d'Auvergnat.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;J'étais alors médecin de campagne, habitant le bourg de Rolleville, en pleine Normandie.&lt;br /&gt;
L'hiver, cette année-là, fut terrible. Dès la fin de novembre, les neiges arrivèrent après une semaine de gelées. On voyait de loin les gros nuages venir du nord&amp;nbsp;; et la blanche descente des flocons commença.&lt;br /&gt;
En une nuit, toute la plaine fut ensevelie.&lt;br /&gt;
Les fermes, isolées dans leurs cours carrées, derrière leurs rideaux de grands arbres poudrés de frimas, semblaient s'endormir sous l'accumulation de cette mousse épaisse et légère.&lt;br /&gt;
Aucun bruit ne traversait plus la campagne immobile. Seuls les corbeaux, par bandes, décrivaient de longs festons dans le ciel, cherchant leur vie inutilement, s'abattant tous ensemble sur les champs livides et piquant la neige de leurs grands becs.&lt;br /&gt;
On n'entendait rien que le glissement vague et continu de cette poussière tombant toujours.&lt;br /&gt;
Cela dura huit jours pleins, puis l'avalanche s'arrêta. La terre avait sur le dos un manteau épais de cinq pieds.&lt;br /&gt;
Et, pendant trois semaines ensuite, un ciel clair, comme un cristal bleu le jour, et, la nuit, tout semé d'étoiles qu'on aurait crues de givre, tant le vaste espace était rigoureux, s'étendit sur la nappe unie, dure et luisante des neiges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plaine, les haies, les ormes des clôtures, tout semblait mort, tué par le froid. Ni hommes ni bêtes ne sortaient plus&amp;nbsp;: seules les cheminées des chaumières en chemise blanche révélaient la vie cachée, par les minces filets de fumée qui montaient droit dans l'air glacial. De temps en temps on entendait craquer les arbres, comme si leurs membres de bois se fussent brisés sous l'écorce&amp;nbsp;; et, parfois, une grosse branche se détachait et tombait, l'invincible gelée pétrifiant la sève et cassant les fibres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les habitations semées çà et là par les champs semblaient éloignées de cent lieues les unes des autres. On vivait comme on pouvait. Seul, j'essayais d'aller voir mes clients les plus proches, m'exposant sans cesse à rester enseveli dans quelque creux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m'aperçus bientôt qu'une terreur mystérieuse planait sur le pays. Un tel fléau, pensait-on, n'était point naturel. On prétendit qu'on entendait des voix la nuit, des sifflements aigus, des cris qui passaient. Ces cris et ces sifflements venaient sans aucun doute des oiseaux émigrants qui voyagent au crépuscule, et qui fuyaient en masse vers le sud. Mais allez donc faire entendre raison à des gens affolés. Une épouvante envahissait les esprits et on s'attendait à un événement extraordinaire.&lt;br /&gt;
La forge du père Vatinel était située au bout du hameau d'Épivent, sur la grande route, maintenant invisible et déserte. Or, comme les gens manquaient de pain, le forgeron résolut d'aller jusqu'au village. Il resta quelques heures à causer dans les six maisons qui forment le centre du pays, prit son pain et des nouvelles, et un peu de cette peur épandue sur la campagne.&lt;br /&gt;
Et il se mit en route avant la nuit.&lt;br /&gt;
Tout à coup, en longeant une haie, il crut voir un oeuf dans la neige&amp;nbsp;; oui, un oeuf déposé là, tout blanc comme le reste du monde. Il se pencha, c'était un oeuf en effet. D'où venait-il&amp;nbsp;? Quelle poule avait pu sortir du poulailler et venir pondre en cet endroit&amp;nbsp;? Le forgeron s'étonna, ne comprit pas&amp;nbsp;; mais il ramassa l'oeuf et le porta à sa femme.&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Tiens, la maîtresse, v'là un oeuf que j'ai trouvé sur la route&amp;nbsp;! »&lt;br /&gt;
La femme hocha la tête :&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Un oeuf sur la route&amp;nbsp;? Par ce temps-ci, t'es soûl, bien sûr ?&lt;br /&gt;
- Mais non, la maîtresse, même qu'il était au pied d'une haie, et encore chaud, pas gelé. Le v'là, j'me l'ai mis sur l'estomac pour qui n'refroidisse pas. Tu le mangeras pour ton dîner. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'oeuf fut glissé dans la marmite où mijotait la soupe, et le forgeron se mit à raconter ce qu'on disait par la contrée.&lt;br /&gt;
La femme écoutait toute p'le. «&amp;nbsp;Pour sûr que j'ai entendu des sifflets l'autre nuit, même qu'ils semblaient v'nir de la cheminée. »&lt;br /&gt;
On se mit à table, on mangea la soupe d'abord, puis, pendant que le mari étendait du beurre sur son pain, la femme prit l'oeuf et l'examina d'un oeil méfiant.
«&amp;nbsp;Si y avait quelque chose dans c't'oeuf ?&lt;br /&gt;
- Qué que tu veux qu'y ait ?&lt;br /&gt;
- J'sais ti, mé ?&lt;br /&gt;
- Allons, mange-le, et fais pas la bête. »&lt;br /&gt;
Elle ouvrit l'oeuf. Il était comme tous les oeufs, et bien frais.&lt;br /&gt;
Elle se mit à le manger en hésitant, le goûtant, le laissant, le reprenant. Le mari disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eh bien&amp;nbsp;! qué goût qu'il a, c't'oeuf&amp;nbsp;? » Elle ne répondit pas et elle acheva de l'avaler&amp;nbsp;; puis, soudain, elle planta sur son homme des yeux fixes, hagards, affolés, leva les bras, les tordit et, convulsée de la tête aux pieds, roula par terre, en poussant des cris horribles. Toute la nuit elle se débattit en des spasmes épouvantables, secouée de tremblements effrayants, déformée par de hideuses convulsions. Le forgeron, impuissant à la tenir, fut obligé de la lier. Et elle hurlait sans repos, d'une voix infatigable&amp;nbsp;:
«&amp;nbsp;J'l'ai dans l'corps&amp;nbsp;! J'l'ai dans l'corps&amp;nbsp;! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je fus appelé le lendemain. J'ordonnai tous les calmants connus sans obtenir le moindre résultat. Elle était folle.&lt;br /&gt;
Alors, avec une incroyable rapidité, malgré l'obstacle des hautes neiges, la nouvelle, une nouvelle étrange, courut de ferme en ferme&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La femme du forgeron qu'est possédée&amp;nbsp;! » Et on venait de partout, sans oser pénétrer dans la maison&amp;nbsp;; on écoutait de loin ses cris affreux poussés d'une voix si forte qu'on ne les aurait pas crus d'une créature humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le curé du village fut prévenu. C'était un vieux prêtre naïf. Il accourut en surplis comme pour administrer un mourant et il prononça, en étendant les mains, les formules d'exorcisme, pendant que quatre hommes maintenaient sur un lit la femme écumante et tordue. Mais l'esprit ne fut point chassé.
Et la Noël arriva sans que le temps eût changé.&lt;br /&gt;
La veille au matin, le prêtre vint me trouver :&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;J'ai envie, dit-il, de faire assister à l'office de cette nuit cette malheureuse. Peut-être Dieu fera-t-il un miracle en sa faveur, à l'heure même où il naquit d'une femme. »&lt;br /&gt;
Je répondis au curé :&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Je vous approuve absolument, monsieur l'abbé. Si elle a l'esprit frappé par la cérémonie (et rien n'est plus propice à l'émouvoir), elle peut être sauvée sans autre remède. »&lt;br /&gt;
Le vieux prêtre murmura :&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Vous n'êtes pas croyant, docteur, mais aidez-moi, n'est-ce pas&amp;nbsp;? Vous vous chargez de l'amener&amp;nbsp;? »
Et je lui promis mon aide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le soir vint, puis la nuit; et la cloche de l'église se mit à sonner, jetant sa voix plaintive à travers l'espace morne, sur l'étendue blanche et glacée des neiges.
Des êtres noirs s'en venaient lentement, par groupes, dociles au cri d'airain du clocher. La pleine lune éclairait d'une lueur vive et blafarde tout l'horizon, rendait plus visible la p'le désolation des champs.&lt;br /&gt;
J'avais pris quatre hommes robustes et je me rendis à la forge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La possédée hurlait toujours, attachée à sa couche. On la vêtit proprement malgré sa résistance éperdue, et on l'emporta.&lt;br /&gt;
Léglise était maintenant pleine de monde, illuminée et froide&amp;nbsp;; les chantres poussaient leurs notes monotones&amp;nbsp;; le serpent ronflait&amp;nbsp;; la petite sonnette de l'enfant de choeur tintait, réglant les mouvements des fidèles. J'enfermai la femme et ses gardiens dans la cuisine du presbytère, et j'attendis le moment que je croyais favorable.&lt;br /&gt;
Je choisis l'instant qui suit la communion. Tous les paysans, hommes et femmes, avaient reçu leur Dieu pour fléchir sa rigueur. Un grand silence planait pendant que le prêtre achevait le mystère divin. Sur mon ordre, la porte fut ouverte et les quatre aides apportèrent la folle.&lt;br /&gt;
Dès qu'elle aperçut les lumières, la foule à genoux, le choeur en feu et le tabernacle doré, elle se débattit d'une telle vigueur, qu'elle faillit nous échapper, et elle poussa des clameurs si aiguës qu'un frisson d'épouvante passa dans l'église&amp;nbsp;; toutes les têtes se relevèrent&amp;nbsp;; des gens s'enfuirent. Elle n'avait plus la forme d'une femme, crispée et tordue en nos mains, le visage contourné, les yeux fous.&lt;br /&gt;
On la traîna jusqu'aux marches du choeur et puis on la tint fortement accroupie à terre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prêtre s'était levé&amp;nbsp;; il attendait. Dès qu'il la vit arrêtée, il prit en ses mains l'ostensoir ceint de rayons d'or, avec l'hostie blanche au milieu, et, s'avançant de quelques pas, il l'éleva de ses deux bras tendus au-dessus de sa tête, le présentant aux regards effarés de la démoniaque. . Elle hurlait toujours, l'oeil fixé, tendu sur cet objet rayonnant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et le prêtre demeurait tellement immobile qu'on l'aurait pris pour une statue.
Et cela dura longtemps, longtemps.&lt;br /&gt;
La femme semblait saisie de peur, fascinée&amp;nbsp;; elle contemplait fixement l'ostensoir, secouée encore de tremblements terribles, mais passagers, et criant toujours, mais d'une voix moins déchirante. Et cela dura encore longtemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On eût dit qu'elle ne pouvait plus baisser les yeux, qu'ils étaient rivés sur l'hostie&amp;nbsp;; elle ne faisait plus que gémir&amp;nbsp;; et son corps raidi s'amollissait, s'affaissait.
Toute la foule était prosternée, le front par terre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La possédée maintenant baissait rapidement les paupières, puis les relevait aussitôt, comme impuissante à supporter la vue de son Dieu. Elle s'était tue. Et puis soudain, je m'aperçus que ses yeux demeuraient clos. Elle dormait du sommeil des somnambules, hypnotisée, pardon&amp;nbsp;! vaincue par la contemplation persistante de l'ostensoir aux rayons d'or, terrassée par le Christ victorieux.&lt;br /&gt;
On l'emporta, inerte, pendant que le prêtre remontait vers l'autel.&lt;br /&gt;
L'assistance, bouleversée, entonna le Te Deum d'action de grâces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et la femme du forgeron dormit quarante heures de suite, puis se réveilla sans aucun souvenir de la possession ni de la délivrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, mesdames, le miracle que j'ai vu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le docteur Bonenfant se tut, puis ajouta d'une voix contrariée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je n'ai pu refuser de l'attester par écrit. ». &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Littérature &amp; cinéma: &quot;Le goûter&quot; de Maurice Carême (1899-1978)</title>
    <link>http://francogourmandises.francoblog.ru/post/2008/10/15/Litterature-cinema%3A-Le-gouter-de-Maurice-Careme-1899-1978</link>
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    <pubDate>Wed, 15 Oct 2008 17:32:00 +0400</pubDate>
    <dc:creator>Coline</dc:creator>
        <category>Littérature &amp; cinéma</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://francogourmandises.francoblog.ru/public/./.le_gouter_s.jpg&quot; alt=&quot;Le gouter&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a dressé la table ronde
&lt;br /&gt;
Sous la fraîcheur du cerisier.
&lt;br /&gt;
Le miel fait les tartines blondes,
&lt;br /&gt;
Un peu de ciel pleut dans le thé.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
On oublie de chasser les guêpes
&lt;br /&gt;
Tant on a le coeur généreux.
&lt;br /&gt;
Les petits pains ont l'air de cèpes
&lt;br /&gt;
Egarés sur la nappe bleue.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Dans l'or fondant des primevères,
&lt;br /&gt;
Le vent joue avec un chevreau&amp;nbsp;;
&lt;br /&gt;
Et le jour passe sous les saules,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Grave et lent comme une fermière
&lt;br /&gt;
Qui porterait, sur son épaule,
&lt;br /&gt;
Sa cruche pleine de lumière.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://francogourmandises.francoblog.ru/post/2008/10/15/Litterature-cinema%3A-Le-gouter-de-Maurice-Careme-1899-1978#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Littérature et cinéma: &quot;L'avare&quot; de Molière</title>
    <link>http://francogourmandises.francoblog.ru/post/2008/10/15/Litterature-et-cinema%3A-Lavare-de-Moliere</link>
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    <pubDate>Wed, 15 Oct 2008 12:31:00 +0400</pubDate>
    <dc:creator>Coline</dc:creator>
        <category>Littérature &amp; cinéma</category>
        <category>Théâtre</category>    
    <description>&lt;p&gt;Lisez un extrait de cette pièce, où l'on peut retrouver la célèbre réplique&amp;nbsp;: &quot;Qu'il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger&quot;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Il est fait plusieurs fois mention de banquets dans son oeuvre, ('Le Bourgeois gentilhomme&quot;, &quot;Dom Juan&quot; dont le sous-titre est &quot;le festin de pierre&quot;...) mais c'est la seule pièce de Molière, à ma connaissance, où un maître-queux est représenté sur scène. Le fameux proverbe de Cicéron cité par Valère, (&quot;il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger&quot;), n'est surtout pas à prendre au pied de la lettre&amp;nbsp;: Valère est amoureux de la fille d'Harpagon qui compte la marier (sans dot !) à un autre... Valère a donc une bonne raison de faire en sorte que le repas de &quot;fiançailles&quot; donné par Harpagon soit une catastrophe... Il faut aussi savoir que le repas de Maître Jacques est typique de la bonne société du XVIIe et qu'il n'a absolument rien de pantagruelique. Les entrées et les quatre &quot;potages&quot; (en fait des bouillons de viande) sont présentés en même temps, de façon à ce que le convive fasse son choix, comme pour un &quot;mezzé&quot;. Quant au &quot;haricot bien gras&quot; d'Harpagon, c'est d'un ragoût de morceaux de viande qu'il s'agit (nous connaissons encore le haricot de mouton) et son &quot;paté en pot&quot; est un genre de pâté en croûte. Pour écrire &quot;l'Avare&quot;, Molière s'est inspiré d'une comédie latine de Plaute&amp;nbsp;: &quot;l'aululaire&quot;, autrement dit... &quot;la petite marmite&quot;&amp;nbsp;! Mais cette marmite n'a jamais contenu la moindre soupe, seulement (si l'on peu dire) des pièces d'or&amp;nbsp;! C'est l'ancêtre de la fameuse cassette d'Harpagon.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte III, Scène V HARPAGON, VALÈRE, MAÎTRE JACQUES HARPAGON&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valère,&lt;/strong&gt; aide-moi à ceci. Or çà, maître Jacques, je vous ai gardé pour le dernier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Est-ce à votre cocher, monsieur, ou bien à votre cuisinier, que vous voulez parler&amp;nbsp;? car je suis l'un et l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; C'est à tous les deux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Mais à qui des deux le premier&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Au cuisinier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Attendez donc, s'il vous plaît. (maître Jacques ôte sa casaque de cocher, et parait vêtu en cuisinier)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Quelle diantre de cérémonie est-ce là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;MAÎTRE JACQUES Vous n'avez qu'à parler.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Je me suis engagé, maître Jacques, à donner ce soir à souper.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt;, à part Grande merveille&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Dis-moi un peu&amp;nbsp;: nous feras-tu bonne chère&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Oui, si vous me donnez bien de l'argent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Que diable, toujours de l'argent&amp;nbsp;! Il semble qu'ils n'aient autre chose à dire&amp;nbsp;: de l'argent, de l'argent, de l'argent&amp;nbsp;! Ah! ils n'ont que ce mot à la bouche, de l'argent&amp;nbsp;! toujours parler d'argent&amp;nbsp;! Voilà leur épée de chevet, de l'argent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; Je n'ai jamais vu de réponse plus impertinente que celle-là. Voilà une belle merveille de faire bonne chère avec bien de l'argent&amp;nbsp;! C'est une chose la plus aisée du monde, et il n'y a si pauvre esprit qui n'en fît bien autant&amp;nbsp;; mais, pour agir en habile homme, il faut parler de faire bonne chère avec peu d'argent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Bonne chère avec peu d'argent&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; Oui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt;, à Valère Par ma foi, monsieur l'intendant, vous nous obligerez de nous faire voir ce secret, et de prendre mon office de cuisinier; aussi bien vous mêlez-vous céans d'être le factoton.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Taisez-vous. Qu'est-ce qu'il nous faudra&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Voilà monsieur votre intendant, qui vous fera bonne chère pour peu d'argent. HARPAGON Haye&amp;nbsp;! je veux que tu me répondes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Combien serez-vous de gens à table?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Nous serons huit ou dix; mais il ne faut prendre que pour huit. Quand il y a à manger pour huit, il y a bien pour dix.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; Cela s'entend.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Eh bien! il faudra quatre grands potages et cinq assiettes... Potages... Entrées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Que diable&amp;nbsp;! voilà pour traiter toute une ville entière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Rôt...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt;, mettant la main sur la bouche de maître Jacques Ah! traître, tu manges tout mon bien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Entremets...
__
HARPAGON__, mettant encore la main sur la bouche de maître Jacques Encore!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE, à maître Jacques&lt;/strong&gt; Est-ce que vous avez envie de faire crever tout le monde&amp;nbsp;? Et monsieur a-t-il invité des gens pour les assassiner à force de mangeaille&amp;nbsp;? Allez?vous-en lire un peu les préceptes de la santé, et demander aux médecins sil n'y a rien de plus préjudiciable à l'homme que de manger avec excès.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Il a raison.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; Apprenez, maître Jacques, vous et vos pareils, que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes&amp;nbsp;; que, pour se bien montrer ami de ceux que l'on invite, il faut que la frugalité règne dans les repas qu'on donne et que, suivant le dire d'un ancien, il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Ah! que cela est bien dit&amp;nbsp;! Approche, que je t'embrasse pour ce mot. Voilà la plus belle sentence entendue de ma vie: Il faut vivre pour manger, et non pas manger pour vi... Non, ce n'est pas cela. Comment-est-ce que tu dis?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Qu'il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt;, à maître Jacques Oui. Entends-tu? (à Valère) Quel est le grand homme qui a dit cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;VALÈRE Je ne me souviens pas maintenant de son nom.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Souviens-toi de m'écrire ces mots&amp;nbsp;: je les veux faire graver en lettres d'or sur la cheminée de ma salle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; Je n'y manquerai pas. Et pour votre souper, vous n'avez qu'à me laisser faire; je réglerai tout cela comme il faut.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Fais donc.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAÎTRE JACQUES&lt;/strong&gt; Tant mieux, j'en aurai moins de peine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HARPAGON&lt;/strong&gt; Il faudra de ces choses dont on ne mange guère, et qui rassasient d'abord&amp;nbsp;; quelque bon haricot bien gras, avec quelque pâté en pot bien garni de marrons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VALÈRE&lt;/strong&gt; Reposez-vous sur moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://chefsimon.com/moliere.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Vers le site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Littérature et cinéma: &quot;Le festin de Babette&quot;</title>
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    <pubDate>Wed, 15 Oct 2008 12:09:00 +0400</pubDate>
    <dc:creator>Coline</dc:creator>
        <category>Littérature &amp; cinéma</category>
        <category>Film</category>    
    <description>&lt;p&gt;Un soir d’orage de 1871, Babette débarque sur la côte danoise. Elle fuit Paris et la répression qui s’abat sur la Commune. Dans un petit village du Jutland, elle frappe à la porte de Filippa et Martine, deux vieilles demoiselles filles de pasteur. Babette trouve à s’y employer comme servante. Elle s’intègre au pays, son seul lien avec la France étant un billet de loterie qu’elle rejoue tous les ans. Un beau jour, elle gagne le gros lot. Avec l’argent, elle va offrir aux habitants du village un repas à sa façon.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Plaisirs terrestres et spirituels
Il était une fois deux soeurs... On entre dans Le festin de Babette comme dans un conte. On y rencontre des personnages qui ont les gestes lents et mesurés de ceux qui vivent hors du temps. Le pays d’exil a des couleurs austères&amp;nbsp;: grisaille, chaume mouillé et sévérité luthérienne. Mais les intérieurs et les visages s’éclairent à la lueur des bougies et prennent la patine d’un tableau flamand. Le rythme s’accélère avec les préparatifs du repas&amp;nbsp;: un festin comme les dignes et raides villageois n’en ont jamais vu, avec foie gras, cailles et soupe de tortue. Autour de la table, les joues prennent des couleurs, les langues se délient, la vraie nature des personnes se révèle. Gabriel Axel est resté très proche du texte de Karen Blixen, en respectant sa construction jusqu’au point où toutes les histoires se rejoignent dans un moment de plaisir partagé. Dès la première image, la magie de son film simple et beau, au propos savoureux, fonctionne grâce à d’excellents comédiens – dont Stéphane Audran, éblouissante.&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;Le festin de Babette
(Babettes Gaestebud)
Film de Gabriel Axel
Danemark, 1987, 1h38mn, VOSTF
Scénario&amp;nbsp;: Gabriel Axel, d’après la nouvelle de Karen Blixen Le dîner de Babette
Avec&amp;nbsp;: Stéphane Audran (Babette), Hanna Steensgard (Filippa jeune), Bodil Kjer (Filippa âgée), Vibeke Astrup (Martine jeune), Birgitte Federspiel (Martine âgée), Jean-Philippe Lafont (Achille Papin), Gudmar Wivesson (Lorenz jeune), Jarl Kulle (Lorenz âgé), Bibi Anderson (une dame de la cour)
Image&amp;nbsp;: Henning Kristiansen
Son&amp;nbsp;: Michael Dela, John Nielsen
Musique&amp;nbsp;: Per Nörgard
Production&amp;nbsp;: Just Betzer, Panorama Film International, Nordisk Film, Danish Film Institute
ARTE FRANCE
(Rediffusion du 22 mai 1995)
OSCAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER 1988&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.arte.tv/fr/cinema-fiction/Cuisine-et-cinema/Programmes/1153144,CmC=1155680.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot; title=&quot;fr&quot;&gt;Vers le site d'Arte&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Littérature et cinéma: &quot;Le glouton&quot; de Jean de la Fontaine (1621-1685)</title>
    <link>http://francogourmandises.francoblog.ru/post/2008/10/15/Litterature-et-cinema%3A-Le-glouton-de-Jean-de-la-Fontaine-1621-1685</link>
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    <pubDate>Wed, 15 Oct 2008 12:00:00 +0400</pubDate>
    <dc:creator>Coline</dc:creator>
        <category>Littérature &amp; cinéma</category>
        <category>Fables</category><category>Ironie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Pour inaugurer cette rubrique, nous avons choisi quelques grands classiques. Commençons avec Jean de La Fontaine, poète et fabuliste français à la cours du roi Loui XIV.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le glouton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A son souper un glouton
&lt;br /&gt;
Commande que l'on apprête
&lt;br /&gt;
Pour lui un seul esturgeon
&lt;br /&gt;
Sans en laisser que la tête,
&lt;br /&gt;
Il soupe&amp;nbsp;; il crève.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;On y court,
&lt;br /&gt;
On lui donne maints clystères,
&lt;br /&gt;
On lui dit pour faire court
&lt;br /&gt;
Qu'il mette ordre a ses affaires.
&lt;br /&gt;
&quot;Mes amis, dit le goulu, m'y voilà tout résolu.
&lt;br /&gt;
Et puisqu'il faut que je meure,
&lt;br /&gt;
Sans faire tant de façon,
&lt;br /&gt;
Qu'on m'apporte tout à l'heure,
&lt;br /&gt;
Le reste de mon poisson &quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;br /&gt;&lt;/pre&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://francogourmandises.francoblog.ru/post/2008/10/15/Litterature-et-cinema%3A-Le-glouton-de-Jean-de-la-Fontaine-1621-1685#comment-form</comments>
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